•   Par ce titre j'annonce non pas la survivance du Ralph du même nom mais une nouvelle page du manuel sur comment liquider son (gros) excédent de boîte à pelote, soit : 
    - 6 pelotes de shetland Azalée (Echappée Laine)
    - 2 1 pelote de shetland Pétrole
    - 1,3 pelotes de shetland Beige chiné
    - 1 pelote de shetland Vert d'eau
    - 1 un écheveau de alpaga/merinos/viscose Plum (Canopy fingering de Fibre Company), qui traînait tout seul sur Laine et tricot et me faisait la danse du ventre chaque fois que je venais le voir.

      Afin d'utiliser au mieux ces ressources, j'ai été très tentée d'adapter le pull Vintersol de Jennifer Steingass, un modèle plutôt ajusté avec un motif de sapins/épis sur le buste. L'échantillon avec la shetland tricotée en aiguilles 4 correspond : 18x26 contre 19x26 pour le patron -> j'ai pris la taille 3 correspondant à 92.5cm de tour de poitrine sur le produit fini.

    Pink's not dead

    Personne qui ressemble de façon troublante à ma collègue

       Point construction : c'est un hybride top-down tricoté en rond et sans couture qui débute par un montage de mailles provisoire sur quelques rangs avec un fil qui sera détruit ensuite. Le fil principal prend le relais pour quelques rangs raccourcis qui permettent d'ajouter de la hauteur au dos et aux bras afin d'avoir une encolure qui ne soit pas trop échancrée dans le dos. L'empiècement en jacquard est tricoté avant de terminer le col par un i-cord. Puis le tricot est repris là où on l'a commencé, dans l'autre sens, avec quelques diminutions et augmentations pour s'adapter aux courbes du torse, avant de tricoter les manches à partir des mailles mises en attente. Le tout reste donc ajustable en permanence.

      On a imaginé le stratagème suivant : le shetland rose serait évidemment la couleur de fond, le début de l'empiècement réalisé en beige sur fond bleu clair, fond qui deviendrait bleu pétrole une fois le motif terminé (Vintersol veut dire lumière d'hiver et ce petit assemblage fera très aurore hivernale). Puis retour au rose sur l'encolure en employant l'onctueuse canopy, qui tant qu'à être là nous montrerait aussi comment elle sait faire le col roulé. Le reste de canopy serait employé pour les poignets, et avec le reste de tout le reste on verrait bien, c'est si loin le futur.

      Les adaptations :

     - Traumatisée par l'effet Fujiyama de mon premier pull raglan à empiècement jacquard, (=jacquard trop serré aux épaules et encolure flottant quelques cm au dessus du cou) je m'étais jurée de retravailler les épaules du prochain modèle qui passerait sur mes aiguilles. Si les nombreuses versions publiées sur Ravelry permettaient de voir que les diminutions étaient suffisamment bien dosées pour épouser les épaules, j'ai préféré ajouter deux lignes de diminutions tous les 2 rangs sur chaque épaule de la partie bleu pétrole pour faire un genre de pince additionnelle, légèrement décalées dans le dos afin que l'encolure devant reste plus longue. L'adaptation du motif vaut bien le confort obtenu, je réitèrerai.

    Pink's not dead

    Les images parlent d'elles-mêmes

    - Étant donné ma bataille continuelle avec les dos qui pendouillent, je me suis d'abord demandé si les rangs raccourcis du dos et des manches étaient une si bonne idée avant de faire confiance, d'où 10 rangs raccourcis au lieu des 12 préconisés. Pour le torse : 5x4 diminutions de la poitrine à la taille, et 5x4 augmentations de la taille aux hanches. Le pull a été raccourci pour arriver en haut des hanches.

    - Nous arrivons aux considérations sur la hauteur de l'empiècement jacquard, et aux adaptations subséquentes qui m'ont mis dedans. Selon l'échantillon, sa hauteur est de 17,5 cm du milieu devant au bas du motif épi, pour toutes les tailles. J'ai assez vite subodoré qu'en tant que plutôt grande personne, j'allais être frustrée par sa petitesse puisque le rendu escompté était ceci et non ceci. Je souhaitais donc que le bas de l'empiècement tombe à hauteur de ligne poitrine, et pour cela ai modifié le motif du haut en rajoutant des rangs - 11 précisément - ce qui l'a fait passer à 21 cm. Hors col roulé... Sentence après le message à caractère informatif.

    **********

    Pink's not dead

      À peine né, ce tricot a vécu sa meilleure vie fin septembre en étant trimballé à l'arrache sur le tournage de la Release Party d'Arte Concert consacrée à l'album Office Politics de The Divine Comedy, où il s'est retrouvé témoin ("hé, mais tu couds ?") d'une vie de bureau fictive, et où la mystérieuse rencontre de l'art et du capital l'a catapulté preuve à charge par xeroxbombing d'une œuvre inédite qui sans lui était ma foi bien partie pour ressembler à un Rembrandt, ainsi que sur des prises de tricotage de jacquard sous lumière infrarouge, perte de repères garantie. Vintersol fut prié de m'accompagner le lendemain à la fausse fête/vrai concert (furtif aperçu autour de mon cou vers la minute 2'50 lors d'un débat shetland/angora avec Alexandra). Socialiser avec un tricot en s'en mettant quelques uns derrière la cravate, on pratiquait déjà, mais tout ça en regardant TDC jouer deux fois de suite Office Politics dans son intégralité, c'est un phénomène que je n'aurais même pas ébauché en rêve 48h avant. Je remercie donc chaleureusement Arte avec les mots d'un autre chanteur :
     "Si tout est moyen

      Si la vie est un film de rien
      Ce passage-là était vraiment bien
      Ce passage-là était bien."

    **********

       Trois semaines après cet épisode le pull était achevé, et la mise en forme sommairement accomplie en tirant sur les côtés et la bande au bas du pull pendant le séchage.

    Pink's not dead

    Ah ça, elle drape bien cette canopy !

      Verdict :

      Pour l'empiècement, j'aurais tout de même du me démerder pour inclure une tournée de diminutions supplémentaires pour éviter ce qui s'est passé par la suite : le col roulé s'est détendu et le pull a dégouliné sur les épaules. J'aurais pu m'en douter, vu qu'il me restait 126 mailles contre 92 sur le patron, mais je craignais que le col roulé ne se retrouve trop petit et laidement étiré vu que la canopy est de plus petit calibre que la shetland (pas eu la présence d'esprit de penser à cette astuce révolutionnaire que s'appelorio doubler son fil), et que je souhaitais le faire commencer assez large. Bref, après une journée de port, l'encolure s'est distendue et on s'est retrouvée avec un syndrome de l'écureuil volant.

    Pink's not dead

    Grand polatouche

      Pour limiter la casse, j'ai retourné puis épinglé le pull sur le mannequin et cousu une bande de dentelle pour empêcher la maxi-dégoulinure, mais si à l'usage cela ne suffit pas il faudra faire le choix de la raison : détricoter le col et l'empiècement et recommencer (et accessoirement dessiner correctement le haut des ptits sapins).

    Pink's not dead

    Pink's not dead

    Pink's not dead

       Je trouve le rendu du motif correct. Vu que je n'entrave que pouic à ces questions de couleurs dominantes selon la main dont on tient le fil (et surtout quand t'as trois fils, que devient la théorie ?), j'ai appliqué ma méthode habituelle qui consiste à tout tenir dans la main droite et dans la mesure du possible à toujours faire passer le même fil dessous. Le dosage de rangs raccourcis au dos m'a l'air bon, de même pour celui des augmentations/diminutions pour le galbe -relatif- de la taille.

    Pink's not dead

       Je suis plus ambivalente quant au rendu des couleurs, niveau agression rétinienne on atteint le niveau des pulls qu'a du vous tricoter votre mamie pour la classe de neige 88 sauf que le sien était en acrylique, mais en même temps j'aime vraiment ces couleurs, pis je vois pas pourquoi ce ne serait pas une alternative valable à une iroquoise ou à un maousse tatouage de polatouche cracheur de feu sur le bras.

    Pink's not dead

      Je garde donc précieusement ce patron sous le coude pour m'en servir de base de pull à construction raglan et y apporter les améliorations déduites de cet essai. Mais avant ça, je dois finaliser le prochain patron, un T-shirt plutôt ajusté à manches courtes/longues optimal pour une maille sans élasthanne, en 34-50. Si vous êtes motivée et avez un tissu adéquat en stock, faites-moi signe, le test aura lieu cette deuxième quinzaine de novembre. MàJ 21/11 : il me manque encore du monde en 46-48-50.

    Pink's not dead

    Belle fermière forever


    19 commentaires
  •   Deux mètres d'envergure, soixante-huit centimètres au garrot, quelle est cette bête qui se prélasse en ce matin de mai sur le dossier du canapé ? Au Muséum du lainage naturel, on a repéré son ancêtre le plus proche sous la forme du châle Randonnée de Batilou. Allez-y voir et dites-moi si vous demeurez insensibles à ces images : sommes-nous de la même espèce, avons-nous emprunté le même taxon le long des voies carrossables de la vie ?

      À l'instar du mouton qui ouvre le bal des motifs de cette version, je n'ai pas brillé par l'audace et me suis cantonnée au même fabricant ; pas plus tard que dans le dernier billet tricot j'avais déclaré ne plus vouloir commander sur internet de laine dont les écheveaux sont susceptibles d'être trop dissemblables, mais quand au bout de 3 visites de boutiques parisiennes pas des moins achalandées en laines naturelles non unies tu trouves pas ton bonheur en accords de couleur, ben tu te rabats sur laine et tricot point com, même si le site connait aussi ses ruptures de stock. Après avoir hésité avec des couleurs plus chaudes, je suis resté avec des contrastants froids sur des couleurs de base identiques et ma motivation a choisi l'épaisseur supérieure à la fingering du châle de batilou : la Tosh sport100% mérinos superwash à tricoter en 3,5, 120 g pour 250 m, en coloris :
      - Antique : 2 écheveaux entiers pour le fond
      - Badland : 2/3 écheveau pour la bordure
      - Composition Book Grey : 1/3 écheveau
      - Clematis  : 1/2 écheveau
      - Manor : 2/3 écheveau

      J'avais également déclaré dans le billet d'avant que je n'étais pas encore prête à mettre 100 euros dans un projet laineux (car la Madeline ça casque) et ne me suis pas dédite puisque Monsieur a troqué un inégalable chino sur mesure + des chaussettes en échange.

      Vu que l'agencement de motifs du châle de Batilou me hantait, j'ai d'abord envisagé de faire tout le châle en jacquard à fils tirés avant de conclure que ç'allait être l'horreur, j'ai donc préféré combiner cette technique avec du jacquard intarsia (celui où qu'on fait plein de petites bobines, ici avec des épingles à cheveu).

    Le manège enchanté

    Le manège enchanté

    Je ne me plaindrai plus jamais d'avoir 10 fils à rentrer sur un pull.

    Le manège enchanté

      J'ai attrapé la plupart des motifs sur le net, et en ai inventé/adapté quelques uns afin de renouveler les copies ADN qui s'y baladent. Le Vélociraptor m'a été présenté par Liseli ; il a été se retaper au club de gym avant de grimper sur le châle.

    Le manège enchanté

    Couleurs qui s'harmonisent avec le gilet en sweat rose...

    Madelinocène

    ...et avec les pulls mixtes pure laine récemment adoptés chez Guerrisol

    Madelinocène

    Genre je le mets bien sur l'endroit...

    Madelinocène

    ...alors que sur l'envers il est pas si moche : ces vélociraptors, on dirait des escargots en train de danser le sacre du printemps, hein Althea ?

      La dernière fois, on cochait le remplissage de la niche du cache-cou pour robe décolletée, cette fois-ci, c'est le chauffe-épaule quand flemme ou pas tout à fait assez froid pour sortir un pull/gilet comme en ce moment. Ou plaid pour les jambes dans le canapé.

    Madelinocène

    Noué dans le dos pour faire la vaisselle tranquillement...

    Madelinocène

    ...puisque je n'ai pas ajouté de lien tricoté pour pouvoir le croiser devant et le nouer dans le dos.

    Madelinocène

    Ne bougons plus : il est sur l'endroit

    Madelinocène

      J'ai traversé une grosse phase de remise en cause de mon talent graphique après les tortues, me demandant pendant les environ trente rangs suivants si je ne ferais pas mieux de tout défaire jusqu'à la frise grise, avant me faire une raison. J'ai bien fait parce qu'in fine je suis davantage chagrinée par les frises grises qui manquent de contraste sur le fond gris-rose. Pas facile de bien discerner la luminosité des coloris quand on se balade dans une boutique en ligne !

    Pour la science :

    Madelinocène

     La migration des bébés tortues luth (j'espère que vous aviez deviné)

    Madelinocène

     La chauve-souris

    Madelinocène 

    Le vélociraptor qui n'en veut

    **********

      De mouton en mouton, la fièvre se transmet : voilà que ma mère veut le même, sans les images (ouf). Nous rentrons donc dans l'Arroyocène, une ère qui s'annonce plus douce que la précédente...


    8 commentaires
  •   Le canapé, ce symbole de la vie ramollie, s'avère être chez la tricoteuse le siège de l'accomplissement des plus grandes ambitions. Depuis qu'il y en a un qui habite chez moi, j'ai même délaissé la machine à coudre, rapatrié des aiguilles de 3 (pour mémoire les précédentes avaient décédé l'une sous ma fesse et l'autre sous mon pied), et réalisé mon premier châle à troutrous.

      Pour le fil, comme j'avais pu m'en faire une idée d'après échantillon commandé sur le site de la Pelote vagabonde, j'ai profité d'une remise sur une fin de stock de Canopy fingering (50%alpaga/30% mérino/20%viscose, 50g pour 183m) pour obtenir les derniers écheveaux des coloris Sumac (le grenat) et Salsaparilla (le marron). Et après une soirée sur Ravelry à écumer tous les modèles bicolores accessibles à ce type de combinaison, le Pink Graphite de Melanie Rice a été déclaré apte au service.

     Ce modèle se construit en tricotant d'abord le triangle rose en point mousse en augmentant d'une maille tous les 2 rangs, puis en faisant une dentelle simplissime en alternant les deux couleurs, et enfin en travaillant la bande de point mousse marron sur les deux côtés perpendiculaires. Comme j'utilisais une part de marron pour 3 de rose (contre 2 sur le patron), les proportions du châle s'en trouvent modifiées : la zone de dentelle et la bordure sont normalement plus larges.

    Diamants sur canopée

    La chose étalée pour le séchage

      La mise en forme recommandée était d'étirer le châle de façon à ce que la diagonale soit 2,4 fois plus longue que le petit côté, je suis allée jusqu'à environ 1,7 car au-delà je trouvais l'aspect du point mousse trop détendu.
    On voit ici le problème principal de ces écheveaux qui est la prise de teinture aléatoire : le premier écheveau est très moucheté tandis que la couleur du second est beaucoup plus unie et soutenue ; quant au troisième, il était également assez uni mais plus clair. Je n'ai pas fait de transition sur plusieurs rangs entre les deux premiers écheveaux, mais je ne suis pas sûre que la démarcation aurait pour autant été discrète, sauf évidemment à alterner tout du long plusieurs écheveaux, ce que, j'imagine, personne ne se casse les pieds à faire.

    Diamants sur canopée

    La chose sur la bête

      Profitons de la séquence boubou pour parler d'un truc qui m'énerve fort-fort-fort sur les pages Ravelry, qui est qu'on ne voit jamais l'envers des modèles de châle (déjà que ça m'a l'air d'être beaucoup demander de voir le modèle en entier sur l'endroit) alors qu'on sait tous que dans une vie ne serait-ce qu'un peu active :
    1 - Personne ne porte son châle déployé sur les épaules.
    2 - Le châle laisse toujours apparaitre un peu de son envers une fois enroulé autour du cou.
    Alors ok, faites nous autant de photos qui vendent du rêve avec rameau floral/petit lapin dans les bosquets/cabane au canada/téfumant/joli cintre en bois que vous voulez, mais de grâce, montrez à votre clientèle au moins une fois l'envers du châle et donc tout ce qu'elle achète parce que la technique du châle qui ne se retourne pas une fois porté n'a pas encore été démocratisée.

    Diamants sur canopée

    La preuve avec la chose telle que portée réellement : les pointes se sont retrouvées sur l'envers

      Un œil attentif pourra discerner que j'ai trébuché et dévié du plan divin de la créatrice en me plantant sur l'extrémité sur laquelle devaient être faites les augmentations ; la poursuite de l'imbroglio a impliqué que la bande de point mousse marron sur le grand côté est séparée du rose par une faille de jersey, ce qui ne donne pas un effet dégueu ma foi. L'angulation des pointes a été modifiée pour rattraper un ssk erratique.

    Diamants sur canopée

    La chose un peu mieux étalée

      Porté avec la pointe dans le dos ça ne donne rien de bon donc pas de photo.

      On retiendra de cet épisode que :
    - j'aime beaucoup le rendu de ce châle, que ce soit par l'agencement du modèle ou le rendu mousseux et satiné du fil dont le piquant de l'alpaga est à peine perceptible.

    - un canapé confortable est l'ennemi du stock de tissu et le meilleur allié des sessions tricot.
    - je ne commanderai plus sur internet des écheveaux dont la couleur est trop susceptible de varier au sein d'un même bain. 


    22 commentaires
  •   Avant mes 34 ans, j'ambitionnais de me tricoter un "Golgotha". Ne cherchez pas ce modèle sur Ravelry (encore que sur les 359000 patrons recensés il y en a forcément un dans le tas qui porte ce nom*) c'est juste le nom générique que j'ai donné à un hypothétique projet de pull en aiguilles 3,5 avec du jersey au kilomètre qu'on termine sur les genoux en priant pour qu'on vous ampute des deux poignets, pour s'apercevoir après la mise en forme qu'on l'a fait trop grand. Soit un peu ma "sortie de zone de confort" (lapidez-moi aussi tiens pendant qu'on y est), car jusque là je suis naturellement attirée vers les gros tricots avec des jeux de reliefs ou de couleur.

      Comment ai-je eu vent du patron choisi ? Si on remonte le fil, c'est en passant sur le compte Instagram de la Noueuse, dont c'est le seul moyen d'avoir des nouvelles, qui y montrait sa mouture d'un très joli modèle de Marie Amélie Designs, dont les patrons m'inspirent confiance quoiqu'un je ne sais quoi dans les modèles tenant probablement aux goûts et aux couleurs m'ait toujours détourné d'un potentiel achat. La créatrice montrait toutefois un modèle, Hazel Bank, qui venait de sortir pour le compte de la marque The Fibre Company à l'occasion de la sortie d'une nouvelle qualité de laine, Lore (100% laine d'agneau anglaise Romney, 250m pour 100g), et ce patron m'est apparu comme un bon compromis entre mon désir de mailles un peu plus fines et mon goût pour les contrastes. Or, le patron plus la laine recommandée revenaient à 100euros, une somme que je ne suis pas encore (?) habituée à mettre dans un tricot.

      Et surtout la couleur qui me plaisait le plus ne serait pas disponible avant le 15octobre. Soit de bonnes raisons de se mettre en quête d'une qualité équivalente. Gilliatt De Rerum Natura sut cocher les bonnes cases : palpable en boutique à Paris, mérinos cardé, produit en France/Italie, en pelotes de 100g/250m, à prix correct, beaux coloris naturels dont j'avais envie avant cela. Pour la modique somme de 60€, j'ai pu commencer à monter le pull après avoir confectionné un échantillon en aiguilles 4 de 20*31 après lavage, parfait.

     C'est le 5eme pull à mon actif, et le 1er avec la méthode de construction employée. Il est des termes chatoyants qui exercent l'attraction du chœur jargonnant des initiés, "corrugated ribbing" pour le pull précédent, ici "contiguous set-in sleeves", méthode qui consiste bâtir le dos et les épaules pour construire l'encolure par des augmentations de chaque côté de la bande d'épaule, cette bande d'épaule servant ensuite de tête de manche, le reste de la manche se construisant à partir d'augmentation partant des entournures, ce qui donne un genre de manche marteau. Récapitulons les petites modifications entreprises sur la taille 2 :

    Pour tout Lore du monde
    - léger arrondissement du contour de l'encolure devant que je trouvais un peu taillé à la serpe et réduction de sa largeur de 5 à 3,5cm. Je l'ai défaite ensuite pour la recommencer avec des aiguilles de 3,5 car elle baillait trop.
    - ajout de 2-3 points d'aisance sur le dessous de manche et le bas de l'entournure, car la photo de présentation où la fille lève le bras me donnait un sentiment de malaise.
    - longueur des manches : -4cm dans un premier temps, mais ajout de 5cm après la remise en forme du haut car trop de courants d'air sur les poignets.
    - inflexion du motif sablier placée 3cm plus haut, il est ainsi plus large, ce que je préfère.
    - diminution sur le motif des côtés seulement 2 fois sur trois afin d'agrandir de 8cm le diamètre du bas du pull pour l'adapter à mes hanches plus développées que celles des modèles. (dans la taille 2, le pull est sensé être mis en forme à 93,5cm pour la poitrine, et la circonférence n'évolue pas jusqu'en bas).
    - longueur du corps : -6cm

    Pour tout Lore du monde
      J'avais entamé la deuxième pelote depuis un moment déjà quand le détail qui tue m'a sauté aux yeux.

    Pour tout Lore du monde

      Il faut dire qu'ayant vu que mes 5 pelotes avaient été extraites d'un même emballage plastique de 6 pelotes tiré de l'arrière-boutique, j'avais donné ses huit jours à mon petit saint Thomas intérieur...

    Pour tout Lore du monde

      Bref, on m'avait refourgué deux pelotes d'avant la reformulation de Gilliatt (coloris naturel) et trois d'après (coloris poivre), c'est ballot. Comme il y a plus grave dans la vie et que je n'avais pas spécialement envie de tout défaire et de retourner quémander l'échange de la marchandise entamée à la boutique, j'ai continué ainsi. J'ai utilisé la deuxième pelote plus foncée pour terminer le bas du pull en prenant garde cette fois à alterner plusieurs fois les rangs de l'ancienne et de la nouvelle pelote afin de rendre la transition plus discrète, ce qui a marché je trouve, bien que le fil semble tout de même plus clair en bout de pelote. J'aurais été bien inspirée de le faire la première fois mais je n'ai pas encore intégré les automatismes liés à l'utilisation de pelotes teintes de façon plus artisanale.

    **********

      Quelques photos de la progression de la mise en forme :

    Pour tout Lore du monde

    Avant : ça boudine, surtout les manches.

    Pour tout Lore du monde

    Après mise en forme sur mannequin : pend trop sous les bras, pénible.
    Ce petit dégradé de roux en bout de couette est super raccord n'empêche.

    Pour tout Lore du monde

    Après remise en forme du haut du pull : mieux sous les bras mais cela s'est re-détendu au fil du temps. 

     
    Pour tout Lore du monde

    Les bouts de manche après ajout des 5cm : on voit bien le contraste entre la zone qui a déjà été mise en forme et celle qui ne l'a pas été.

    Pour tout Lore du monde

    L'envers du motif des côtés était sympa aussi : si je devais refaire ce pull, je tenterais cette interversion.

    **********

      On retiendra de cet épisode que :
    - j'ai un nouveau pull bien chaud que j'aime beaucoup malgré son stigmate.
    - je me suis réconciliée avec le magic loop.
    - rien à redire sur le patron, c'est tout bien expliqué. Notons qu'il n'est disponible qu'en anglais.
    - la malléabilité limitée de la forme des emmanchures et de l'encolure en tricot est assez frustrante quand on a l'habitude de leur abord par la couture (l'envers de la médaille étant qu'en couture, quand c'est niqué, c'est niqué).
    - il faut toujours vérifier l'identité des bains des pelotes avant de faire deviner la couleur de la carte bleue d'Henri IV au marchand.
    - un possible épilogue par le bricolage d'une bande élastique ajoutée sous la tête de manche (on voit bien l'étirement de cette zone sur les photos de profil) pour réduire la circonférence de l'emmanchure.

    * j'ai cherché : non, donc soyez gentils me le piquez pas, je réserve l'emplacement pour plus tard ; j'ai toutefois commencé à me faire la main sur ceci, ce coup-ci avec de la Canopy Fingering trouvée sur le site de la Pelote Vagabonde qui brade son stock à -30/-40% afin de pouvoir se concentrer sur son activité de teinture de laine.


    6 commentaires
  •   Afin de faire de la place dans ma boîte à chaussures-stock de laine, il me fallait trouver un projet qui puisse employer plusieurs lots de deux pelotes de Shetland de l'Échappée laine (100m/50g chacune) ; je les avais commandées il y a trois ans dans l'optique de tricoter un pull Fair Isle mais les couleurs étaient finalement trop dissemblables. Ensemble, quatre d'entre elles (Brique, Corde, Vert et Granny) me semblaient toutefois pouvoir donner un résultat harmonieux. Après ratissage de Ravelry afin de dénicher un modèle compatible, l'heureux élu s'est trouvé être le pull Visser de Anna Maltz (ça veut dire pêcheur en néerlandais).

    L'instant suédois

      Bien que sa forme chauve-souris ne laisse pas présager un seyant (une seyance ?) de ouf, l'intérêt résidant dans sa construction l'a emporté ; car ce pull ne se tricote ni en bottom-up ni en top-down mais en side-to-side (?), c'est-à-dire qu'on fait du jersey en commençant par le côté droit (1 raie-yure = 3ha-rangs), d'abord le devant en dessinant l'encolure au fur et à mesure, puis le côté gauche et enfin le dos, en gardant au chaud les mailles nécessaires à la reprise des manches qui seront tricotées en rond avec des diminutions régulières sur le dessus. Seules les épaules et le côté droit doivent être cousus. Pour les finitions : du jersey qui roulotte pour les manches, et des côtes bicolores pour l'encolure et le bas du pull. 

    L'instant suédois

      Le patron étant conçu pour employer deux couleurs contrastantes et une laine plus fine, après avoir traduit le bouzin, j'ai refait les calculs pour 4 coloris tout en réduisant l'ampleur afin de ne pas me trouver à court de laine avant la fin. Les chiffres au cas où ça intéresse quelqu'un : 42 mailles pour le côté, 2+34 pour l'entournure, 8 rayures pour les épaules, 25 rayures pour l'encolure. Le tour du corps fait 96 rayures (contre 136 sur la taille M du patron). 20 rayures pour la manche dont la circonférence au coude fait 44 mailles (fallait pas moins !). Aiguilles 4,5 au lieu des 4 préconisées.

    L'instant suédois

      Entamé fin juin, je l'ai terminé fin juillet en mode "on est pas bien là, par 29°C sans ventilo avec un petit shetland sur les genoux ?". On distingue pile au milieu devant une micro rayure granny victime d'un Paris-Reims en TGV, qui vous emmène à bon port en tellement peu de temps que vous jureriez avoir terminé votre rayure avant le dépôt de votre ouvrage alors qu'il n'en est rien.

    L'instant suédois

    RIP au bouton du short chéri burda qui a préféré se désaligner quelque part sur la plage de Carnac.

      Globalement j'en suis contente, même si j'aurais bien fait l'encolure un peu plus large et qu'on échappe pas au syndrome "aile de poulet" de la manche kimono. Une jeune collègue qui se met à la couture et au tricot m'a assuré qu'elle adorait l'ensemble automnal des couleurs et que la forme finie était ok sur moi, et ce bien qu'elle soit au courant que je ne suis pas responsable de sa fiche de paye. Les amateurs de tenues type "arbre de Noël" seraient-ils plus nombreux que je ne le crois ?

    L'instant suédois

    **********

      Pour la deuxième partie de ce billet spécial plage, rejoignons la chenille "toute belle en maillot" qui traverse les internettes couture cet été. Dans le plus pur esprit Cousu Main, j'ai en effet renoué avec la bidouille pour transformer un maillot olé olé en un deux pièces convenable.
    Convenable : adjectif, s'applique lorsque l'intégralité de la mamelle (et pas genre une sur deux) reste en place dans le maillot même après un tour de rouleau massacreur sur une plage à forte pente.

    L'instant suédois

    Maillot Morgan T42 soldé à 35 balles en rayure kibrille 75% polyamide/25% élasthanne, made in Tunisia.

      A part pour rigoler je ne vois pas l'utilité du haut de ce maillot, puisque la réalisation du moindre pâté de sable équivaut à sonner l'évacuation et compter les passagers une fois relevée (je serais curieuse de connaître le mode de vie de mes sœurs humaines qui ont contribué à la disparition de ce modèle des portants).

      Mais le haut de mon maillot burda de juin 2011 réalisé en coton vichy criait pouce; si sa culotte tient encore le choc, le haut s'est avéré cette année déborder de toutes parts. Sans envie d'en coudre un de A à Z, je me suis alors réveillée l'avant-dernier jour des soldes pour commencer la quête d'un maillot apte à accueillir l'intégralité de ma doduness, et c'est donc lui qui fut acheté, avec l'idée d'au pire en sauver la culotte.

    L'instant suédois

      Sans plan précis, j'ai d'abord recoupé une culotte haute, en coupant le bord élastiqué du maillot jusqu'aux épaules et en le transposant à la taille sans tirer, avec un point zigzag, en raboutant les deux extrémités de l'élastique devant par un point de bourdon discret. Joli et vite fait.

    L'instant suédois

      Trouver une forme pour le haut a été plus houleux ; après quelques usines à gaz abandonnées en cours de construction, je suis allée acheter un élastique doux et large pourvu de deux petites bandes de silicone à la mercerie du marché Saint Pierre pour mener à bien la mission de soutien. J'ai défait la couture du milieu pour la transformer en fermeture portefeuille sans quoi la bordure élastique noire baillait trop. Contrepartie, le côté s'est retrouvé à bailler un peu plus, et comme j'avais déshabillé Paulette pour habiller Pierrette il a fallu reganser d'élastique les côtés, avec un élastique noir à bretelles de soutien-gorge. Moyennant un peu d'aisance négative pour cet élastique, on a fini par obtenir un résultat convenable. Après moult essais, réajustements, et transformation de mon buste en poupée vaudou, une longueur et position optimale de la bande siliconée ont été trouvées et fixées au point zigzag, afin d'obtenir le mélange de soutien et de tension nécessaire. Heureusement que j'avais la pression d'un passage au bord de l'Atlantique pour achever cette mission dans un temps limité ! Voilà un maillot sympa, confortable et efficace qui me permettra de prendre 5 kilos supplémentaires, et c'était là tout ce que je lui demandais !

    L'instant suédois

    L'instant suédois - suivi de Poignées d'amour sur la côte d'amour

    Photos : courtesy of Monsieur


    19 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique